Depuis plusieurs années, le Ladakh est un immense chantier de construction de routes. La route qui traverse le Ladakh de part en part le long de l’Indus part de Manalie (la frontière indienne) et va rejoindre Srinagar à la frontière du Pakistan.


En plein essor économique, l’Inde a besoin de développer son réseau routier afin de permettre les échanges économiques et touristiques entre ses régions, et surtout faciliter l’accès militaire aux frontières INDE- PAKISTAN. La géographie du pays ne facilite évidemment pas cette entreprise : certaines de ces routes traversent la chaîne de l’Himalaya, franchissant parfois des cols à plus de 5000m d’altitude.



La construction d’une route est une opération qui dure plusieurs années. Le premier bulldozer est arrivé sur la route Manali-Leh au début des années 90. Avant le travail se faisait à la pioche, à la pelle et à la main pour élargir et niveler un sentier ou un chemin existant. Les casseurs de cailloux, à l’aide d’un simple marteau, débitent les rochers et les grosses pierres en petits éclats.


Ceux-ci sont triés pour en faire des tas, les pierres plus ou moins rectangulaires serviront de murs de soutènements, les petits éclats serviront de gravier, qui serviront de sous couche. Ce travail ne peut se faire qu’entre la période de juin et septembre, et peut prendre plusieurs années.



Une fois les gros cailloux étalés, ils sont recouverts de terre. Celle-ci va s’infiltrer entre les pierres pour les caler. On laisse la piste dans cet état pendant deux ans, parfois trois, pour que la pluie, le neige et le passage des véhicules stabilisent cette nouvelle route en espérant que les pluies parfois torrentielles ne fassent pas tous glisser dans les ravins.



Travaillant en général pour une durée de 6 mois durant la période hivernale, il n’y a pas de travail pour eux, le Ladakh est fermé, il y fait en général moins 40˚C. Les Bihâr Boys gagnent un salaire d’environ 50 roupies par jour (moins d'un euro) Ils gardent malgré tout l’illusion de s’enrichir. Leurs conditions de vie sont très difficiles. Isolés sur la route où il ne passe pratiquement personne, ils vivent regroupés dans de simples tentes en toile crasseuses et non étanches à la pluie, plantées au bord de la route où ils travaillent.



Ces jeunes hommes qui s’échinent en altitude ne sont habillés que de vieux vêtements usés trop peu adaptés à ce genre de travail et qui ne les protègent pratiquement pas du froid et du vent des montagnes. La plupart de ses pauvres bougres qui travaillent sur les routes n’ont aucune protection contre le puissant soleil d’altitude, ni contre les fumées nocives, sans doute cancérigènes, qu’ils inhalent toute la journée.
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